mercredi 26 août 2009

Nostalgie homosexuelle?


La vie des gays était-elle meilleure avant ? Ou bien? Pendant le week-end du 13 juin, en Ardèche, invités par Fabien Boissonade, il y a eu plein de discussions et de souvenirs. On était là, sous le soleil, autour de la piscine, une quinzaine de gays et de lesbiennes, de presque toutes les générations et de races. Et les histoires ont commencé à ressembler à des bilans. Mon mari a fini par rigoler. À 28 ans, il était celui qui disait : « Y’en a marre, tout ce que vous dites sur les clubs et la musique, on dirait que c’était toujours mieux avant ». Et il y avait des amis de 30 ans, ou 40 ans qui répondaient, un peu en regardant leurs pieds : « Mais c’est vrai. En musique, ou dans le clubbing, ou dans le militantisme, c’est clair ». Pendant le week-end, c’est devenu un leitmotiv drôle : « Ouais, c’est ça…c’était mieux avant ! ».

La vie des gays était-elle meilleure avant ? Cette question si simple se pose rarement, à part dans l’intimité ou sur les blogs. Elle est peu abordée dans le combat pour les droits des LGBT parce que les structures, surtout en France, ont un peu de mal à situer le militantisme dans une perspective historique. C’est ce que tentait de faire la Gay Pride cette année, en liant ce que nous sommes à ce qui s’est passé il y a quarante ans, lors de Stonewall. Combattre l’homophobie, insister sur les droits et poursuivre la lutte contre le sida nécessite forcément des repères, au moins pour évaluer si des progrès ont été faits, si des nouveaux droits ont été obtenus.

Or, de plus en plus, alors que la nouvelle génération gay se fait de plus en plus entendre, parce qu’elle est plus visible, une nostalgie se développe. Pas besoin d’aller chercher dans la période glorieuse des années 80 qui a vu l’explosion du style de vie gay et des associations de lutte contre le sida. Pas besoin de regarder non plus vers Lady Gaga et le raz-de-marée des années 80 dans la pop actuelle la plus commerciale. Ces homosexuels commencent désormais à développer aussi une nostalgie pour les années 90 comme le sommet d’une certaine générosité entre gays et lesbiennes. Cette générosité est ce qui nous attache au passé, exactement comme le succès de « Milk » (le film, le livre, le documentaire) a bénéficié d’un travail sur les archives. Un autre exemple plus actuel, c’est le docu « Sex Positive » de Daryl Wein, qui raconte le début de l’épidémie du sida sur l’angle du safe sex et qui bénéficie d’une grosse campagne de pub dans les médias gays US. Comme pour « Milk », ces films sont souvent écrits ou préparés par des homosexuels trentenaires.

Ces films montrent aussi, parce qu’ils décrivent le passé, que les gays et les lesbiennes vivent mieux aujourd’hui qu’avant, c’est indéniable. C’est donc un constat qui s’oppose à la perception d’une vie gay plus excitante par le passé. Nous n’avons jamais eu autant d’outils dans les mains. Du sexe ? Il suffit de tendre la main (so to speak). Bars, sex clubs, Internet, renaissance de la drague dans les parcs, partouzes chez les jeunes, nouvelles drogues, le choix est infini. Des médias ? Ils couvrent chaque niche identitaire. De la culture ? De YouTube aux arts majeurs, les gays et les lesbiennes n’ont jamais été aussi visibles, à tel point que le marché des DVDs LGBT semble atteindre un plateau. La tolérance de la société est à son plus haut niveau. Même si certains vous disent qu’on régresse, ce n’est pas vrai. Attendez, même les parents qui vivent le coming out de leur fils ou de leur fille sont de plus en plus nombreux à répondre désormais : « À part ça, tu veux encore du pain pour ton Boursin ? ».

Dans « Culture Shock », Alvin Toffler fut le premier à prédire que les valeurs modernes seraient transformées par deux forces : l’accélération (de tout) et la prolifération (dans tous les sens) des sous-cultes. En clair : l’underground explose, tout le monde s’en revendique. Presque 40 ans après, le grand cliché de maintenant est de se demander qui nous sommes. La moindre boulangère cherche son identité, alors, pensez, les homosexuels. Cette identité n’est pas un produit à vendre, c’est un sur produit : « The intensification of the problem of overchoice presses us towards orgies of self examination, soul searching and introversion. It confronts us with that most popular of contemporary illness, the « identity crisis ».

Les gays et les lesbiennes sont plutôt bien placés dans la société moderne. Même quand ils sont précaires, ils sont souvent moins précaires que les autres. Quand ils sont stigmatisés, ils le sont souvent moins que ceux qui ont le malheur d’avoir la peau foncée. Même dans les temps les plus durs, la mobilité des gays leur permet de s’échapper du fardeau familial, et c’est ce que des milliers de personnes LGBT font chaque année. Ils quittent leur famille. Cette liberté homosexuelle, c’est un avantage qui permet de dire aux autres, quand on n’a plus d’arguments : « Vous faites chier, je pars ».

Bien sûr, de nouvelles formes d’homophobie se sont développées. L’homosexualité dans les cités devrait être au centre du combat LGBT moderne. Pour l’instant, ce combat s’est surtout limité à montrer du doigt les homophobes. Mais on sait que même dans les cités, la perception de l’homosexualité n’est pas aussi primaire qu’on le dit dans les reportages à la télé. Et quand on voit aussi les milliers de profils sur les sites de rencontres identitaires, il faut bien admettre que les gays et les lesbiennes de la génération précédente n’avaient même pas cette chance. Aujourd’hui, il y a plein de jeunes blacks gays qui veulent sortir avec leurs semblables. Chez les Beurs, c’est pareil. Et c‘est bien. C’est ce qu’on a vu depuis vingt ans dans les clubs de Londres ou de New York. Enfin, ça arrive en France.

La vie gay était-elle meilleure avant ? Peut-être pour les Blancs. Pour la nouvelle génération, beaucoup plus mixte, Now is the time. Ces jeunes n’ont jamais été aussi beaux et leur avis n’a jamais autant compté. Que leur manque-t-il pour être heureux ? Pour moi, rien. La crise actuelle, dans la communauté gay ou dans la société, rend encore plus difficile pour trouver un travail et s’affirmer. Mais rien n’empêche ces gays et les lesbiennes de se battre pour obtenir ce qu’ils veulent. Ils peuvent, eux aussi, arracher ce que leurs frères et leurs sœurs ont obtenu, en se battant, pendant la génération précédente. Le futur de la question gay n’est pas chez les Blancs. Le renouvellement, il sera forcément du côté des gays Noirs et Beurs, c’est pour ça qu’ils doivent se battre pour nous obliger à se pousser pour leur laisser la place. Et tant qu’on n’aura pas dit ça, qu’on ne l’aura pas traduit dans les programmes des associations, des Gay Pride et des festivals LGBT, on n’avancera pas sur le combat contre l’homophobie. C’est le vrai underground d’aujourd’hui. Si j’avais 30 ans aujourd’hui, c’est ce que je ferais. Un fanzine comme Butt ou Kaiserin, pour les Blancs, les Beurs, les Noirs gays. Utiliser la crise économique comme levier de pression pour alerter sur des revendications concrètes. Avancer sur les droits des minorités ethniques gays, c’est pour moi beaucoup plus urgent ET intéressant que participer à un combat pour donner son sang. Ou sa moelle osseuse.

vendredi 14 août 2009

Viens blogger sur Mon Incroyable Fiancé !


J’ai toujours été épaté de voir avec quel abandon certaines personnes que je connais se sont émerveillées devant Eric Fassin. À Act Up, il y a dix ans, les gens parlaient de lui comme s’ils se délectaient de ce vampirisme de la pensée gay. C’était du miel politique. Enfin, un homme mou, passe partout, blanc, avait pris la place que les gays lui avaient laissée avec soulagement. Cet homme était l’exact opposé d’une folle, il extirpait le camp pour laver l’idée homosexuelle et s’imposer dans les tribunes des journaux, les murmures de la politique. Il personnifiait parfaitement ce besoin de reconnaissance : pour parler du PACS, rien de mieux qu’un hétéro fade, un homme sans angle, sans polémique, une sorte de gélatine militante. Il s’agissait d’une arnaque, un deal parfait. Fassin montait en première ligne à la place des gays, et ces derniers le laissaient s’imposer dans l’arène politique, peinards. Un contrat de co-dépendance accentuerait la lacune du leadership gay. Après tout, pour mieux répondre aux accusations de communautarisme, rien ne vaut un porte-parole hétéro qui ne choque personne et qui fait son beurre sur la question gay. Pendant ce temps, les rares leaders LGBT qui auraient pu monter en puissance se sont protégés, loin des polémiques, de l’exposition, du risque. Une sorte de lâcheté militante, comme si la vraie essence du « vivre ensemble » gay (mffff) se limitait à blogger en simultané sur une émission de variété française.

Dix ans après, malgré tout ce qu’on tente de vous faire croire sur le militantisme LGBT, un surprenant mélange d’incompréhension et de défaitisme persiste dans l’observation du LGBTisme. Vous choisissez le verdict qui vous convient :

- Le sigle LGBT est le chloroforme de la culture gay

- La Gay Pride 2009 a été un tel succès que cela veut forcément dire que le mouvement militant va bien.

- Le suivisme du monde associatif sur les thèmes consensuels n’a jamais été aussi immense. Pour ne pas avoir de problème avec ses propres amis, il faut la fermer.

- 90% des militants issus des groupes activistes comme Act Up et qui ont fait carrière sont désormais des vendus.

- La majorité de la communauté se branle de tout ça : c’est l’élément étrangement oublié de la culture gay. Historiquement, on est vraiment dans un creux idéologique où l’idée principale, c’est le conformisme silencieux.

- Les questions LGBT ont toujours un écho relatif dans les sphères politiques. Il faut dire que le PS n’aide pas beaucoup.

- Le mutisme est fracassant sur les vraies évolutions du style de vie homosexuel (Internet, crise économique, sexe toujours plus à risque). Je veux dire par là que ces sujets sont sûrement abordés, mais toujours pour adopter une attitude positive systématique : pour se faire remarquer aujourd’hui, il faut sourire – tout en prétendant souffrir. Tout va bien.

- Les médias LGBT sont obsédés par les sujets qui ne les intéressent pas, uniquement parce qu’ils croient que c’est ça qu’il faut faire. C’est de l’opportunisme con. C’est la fin de la crise ! Il faut consommer à nouveau !

- La déception envers les leaders de cette communauté n’a jamais été aussi vocale. Tous les gays qui voyagent se demandent pourquoi on n’a pas d’équivalents en France du maire de Berlin (read my lips : Delanoë a un bâton dans le cul) ou un jeune sportif médaillé qui ferait son coming out).

- Dès qu’un film comme « Bruno » sort, les associations se demandent comment elles vont s’offusquer – au lieu de rigoler, simplement. Plus le monde est moderne – et moins les gays ont de l’humour.

- En fait, tout ça est une vision de l’esprit. Je suis ronchon, je ne suis jamais content, les gens pensent que je suis toujours en train de chercher la petite bête, je suis un idéaliste de la cause gay qui n’a pas encore compris que les homosexuels sont des cons comme les autres. Vous pouvez donc abrêger la lecture de ce texte qui, anyway, selon les canons de la culture LGBT ET de la culture Internet, est bien trop long.

On finit par se demander si le petit monde LGBT n’est pas en train de baser son noble objectif (lutte contre l’homophobie et live blogging de « La Nouvelle Star ») sur l’ennui. Les groupes les plus « radicaux » singent avec absurdité un esprit contestataire issu des années 70. On a beau être en 2009, les UEEH perpétuent des travaux de vacances où on apprend à gérer le port de la robe à carreaux de ménagère portugaise qui avait tant de succès dans les squats gays parisiens d’il y a … 30 ans. Un super labo d’idées militantes, en effet ! Bien sûr, le flambeau de la mémoire doit être passé de génération en génération, mais prend-il compte la mesure des révolutions psychologiques causées par Internet 2.0 ? L’activisme français mériterait d’entreprendre les mêmes voyages à l’étranger que les militants du GLH dans les années 70, dont les expéditions étaient surtout des opportunités pour ramener en France des idées issues des centres communautaires américains, hollandais ou londoniens (Brixton surtout). Il est possible de faire du vagabondage sexuel (et les militants le font aussi, n’en doutez pas) tout en s’inspirant de l’intelligence des autres, ce n’est pas incompatible. Après tout, si vous avez envie de laisser l’orthodoxie de la pensée homosexuelle à des cons hétéros comme Eric Fassin qui se fait du fric sur votre dos en toute impunité, c’est votre choix. En France, quand « The L Word » est apparu à la télé, les lesbiennes hardcore y ont vu une récupération commerciale alors qu’elles exigent toujours plus de visibilité. Les trans ? Ne m’en parlez pas : c’est LE thème qu’il ne faut pas aborder aujourd’hui si on ne veut pas subir une fatwa. Comme si le sujet avait pris la place du conflit israélo-palestinien : surtout, ne pas parler de ça à table ! C’est sûr que ça aide le débat… Est-ce qu’on peut prendre un peu de distance sur les sujets difficiles ou est-ce qu’il faut remplir un formulaire en 3 exemplaires avant de se prononcer sur quoi que ce soit ? C’est comme si on avait critiqué les premiers séropos à la télé parce qu’ils réduisaient la problématique de l’épidémie à leur seul cas.

On attend un aggiornamento dans la politique française ? Et chez les gays alors ?! En vrac, beaucoup de questions… La question LGBT se résume-t-elle à radoter sur l’estime de soi ? Les grandes structures associatives sont-elles toujours sous la coupe politique des quadras et plus ? Faut-il créer un rassemblement Twitter pour toutes les folles socialistes qui ont noyauté cette culture, des assistants de Delanoë qui contrôlent quotidiennement le mouvement gay aux secrétaires de rédactions des médias LGBT qui corrigent les textes selon leur humeur politique ? A-t-on complètement jeté l’éponge sur la prévention gay ? Qui s’occupe de la montée en puissance sans précédent de la visibilité noire ou arabe sur les sites de rencontre gays ? Ces jeunes sont-ils résumés à une source de plaisir sexuel ? Pire : faut-il se satisfaire d’un clivage entre la majorité blanche petite-bourgeoise gay et la banlieue, source de toutes les homophobies ? Les arabes gays seraient-ils les ennemis des gays blancs, comme la société française focalise toutes ses peurs sur la question religieuse ? Quelle relation établir entre les minorités qui ne soit pas basée sur la méfiance ? Comment dépasser le racisme entre les gays ? La communauté LGBT n’a-t-elle pas la responsabilité de montrer à la société que la diversité est facile à réaliser quand on décide de s’attaquer aux grandes questions au lieu de bloquer sur des polémiques qui font bailler tout le monde, même ceux qui leur donnent une résonance ? Pour avoir du succès aujourd’hui faut-il s’enfermer dans un rôle de victime ? Sommes-nous devenus uniquement un hyperlink ? Quand la question d’identité se limite au genre, que dire de l’explosion de l’identité par défaut quant tant de gays se définissent à travers 10 profils différents, chacun faisant office de niche sexuelle ? En l’espace de deux années à peine, Facebook a grignoté deux heures quotidiennes de notre temps, deux heures qui ne seront pas consacrées à autre chose que l’exhibitionnisme personnel. Ces deux heures perdues tous les jours, ne seront-elles plus consacrées à l’intérêt commun LGBT ? Qui va rattraper le retard pris parce que ces questions ne sont pas vraiment débattues ? Faut-il appeler Eric Fassin au secours ?

jeudi 6 août 2009

Gay people today!


« Je n’ai pas du tout aimé « Salo ou les 120 journées de Sodome » de Pasolini, quand il est sorti en 1975. J’avais 18 ans, je connaissais ses autres films, je comprenais très bien pourquoi le film était important. Mais, pour moi, tout ça, c’était déjà de l’histoire ancienne. C’était un rappel supplémentaire de ce que je ne voulais déjà plus voir dans ma vie, quelque chose qui appartenait à la génération précédente. Je respectais cet héritage, car ces artistes m’avaient déjà beaucoup influencé, mais je trouvais qu’ils avaient bien trop souffert. Je m’étais déjà imaginé comment serait le futur. Je le voulais un peu plus serein que ça. Finalement, les années 80 ne furent pas pour moi celles du sexe, même si elles le furent. Elles étaient plutôt celles de la recherche obsessionnelle de l’amour. Il était alors assez mal vu de chercher une vie en couple et je crois que nous avons tous subi l’obligation de l’exagération. Je fais partie d’une génération pré et post punk qui a subi tellement de performances soi-disant spontanéeses et « controversées » pour revendiquer un amour inconditionnel du formalisme dans l’art, même le plus conceptuel. Par exemple, la musique électronique, qui est à la base de mon métier de journaliste, a été le symbole d’un mouvement qui s’est libéré de la représentation et, depuis vingt ans, je ne suis plus très intéressé par la mise en scène du glamour. La dernière fois que cela s’est avéré passionnant, c’était le Vogueing, et cela venait des Noirs et des Latinos, sûrement pas des pétasses blondes qui se veulent queer quand elles sont nées, finalement, dans l’ennui de l’Amérique profonde.

En 2009, je ne crois pas beaucoup à l’excès. Ce dernier est suffisamment présent dans la société at large, merci les banques, la crise, l’écologie, la mort. Pire, j’en viens à me dire de plus en plus que les freaks cumulent de nombreuses couches d’ennui. Freaks are boring now. Sodome fait bailler. N’importe quelle fille issue de MySpace comme Lily est plus freaky que Quentin Crisp. Madonna vit avec la même image SM depuis, quoi, vingt ans. C’est un fond de commerce. Un pédé percé, tatoué, rasé, scarifié est juste un barebacker de plus. Woa, super. Tu essayes d’être différent à travers le tatouage, c’est ça ? Tu crois être le nouveau Leigh Bowery ? Tu rigoles, j’espère. Si tu cherches à avoir une dimension politique alors que tu ne t’es jamais prononcé publiquement sur le conflit israélo-palestinien… Être engagé en 2009 ne se résume sûrement pas à faire partie d’un groupe Facebook sur des sujets consensuels qui rassemblent un peu tout le monde. Abrogation des frontières pour les séropos ! Oui au mariage gay ! Laïcité pour tous ! Pour ça, on a Caroline Fourest et Jean-Luc Roméro.

So, freaks are boring. Quoi que l’on fasse. Le monde est allé si vite qu’il a déjà digéré ses extrémistes. Vous voulez choquer le monde ? Be a Madoff (13 millions d’entrées sur Google). Les dix dernières années ont sûrement été le dernier moment de ce qui fut considéré comme « osé ». Les gays ont désespérément tenté de se montrer à la face du monde, devant des hétérosexuels, comme les éternels défenseurs de l’imagination, de l’extrême, de la frontière. Mais ils étaient déjà dans la représentation et cela s’est vu. Ce qui les intéressait n’était pas le fond de l’idée, c’était juste le reflet de cette idée dans Les Inrocks. Puisque la souffrance des années 70 et 80 (l’homophobie vraie, le sida, etc.) a produit l’uniformité et le marché du sexe sur Internet, la subversion moderne vit sûrement dans la revendication de la simplicité. En tant que gays, nous avons trop longtemps accepté d’être dominés par ceux qui étaient les plus extrêmes, ceux qui revendiquaient la sexualité la plus perverse. Même la prévention du sida a été détournée en faveur de ceux qui en ont le moins besoin, ceux qui ont déjà entériné le refus de la capote, c’est un comble.

Quand je regarde les hommes sur Facebook, ceux qui m’impressionnent ne sont pas les plus beaux, bien que je ne cesserai sûrement pas de les admirer. Ceux qui m’attirent vraiment, ce sont ceux qui sont parvenus à créer quelque chose, dans leur image, leur travail, leur vie affective, qui se trouve au-delà des canons de la modernité contemporaine. Et le point commun à tous ces hommes si différents, c’est l’impression qu’ils dégagent, une sorte d’appartenance à un monde différent, mais très civilisé, avec de l’harmonie à revendre. Je sais très bien que ce que l’on voit sur les réseaux sociaux est souvent factice, c’est une autofabrication. J’ai assez écrit sur ce sujet pour reconnaître le tracé de ce qui n’est pas montré. Mais si je réfléchis bien, si je me rappelle bien ce que j’imaginais, il y a longtemps, lors de mon adolescence, ce que je vois là est exactement le fruit d’une procédure qui a mis plus de quarante ans pour atteindre sa maturation. En tant que gays, nous avons beaucoup trop côtoyé le danger. Et contrairement à ce qui est souvent dit dans le militantisme, ce n’est pas la société qui est la source de cette attraction vers le risque. C’est nous-mêmes. Il suffisait de choisir un autre chemin, c’était tout à fait possible. Maintenant, la Renaissance appartient à un underground qui ne s’est même pas encore identifié. Il ne s’est pas encore donné de nom. Personne ne le possède. Tout le monde le cherche. Il est à l’écart. Peut-être décidera-t-il de rester caché. Pour survivre ».

 

Il y a plusieurs mois, un mec de Facebook que je ne connaissais pas, Tony machin, me contacte. Il voudrait que je lui écrive un petit texte pour son expo sur Sodome et Gomorrhe. On en discute au téléphone et je lui dis très vite que c’est un mythe qui ne m’a jamais intéressé. Il me dit « Super, c’est ce que j’attendais de toi ». Je lui écris le texte. Je lui envoie. Pas de réponse. Trois semaines plus tard, il me dit qu’il n’a rien reçu. Je lui envoie à nouveau. Silence. Au début, je suis un peu dubitatif. Très vite, je comprends. Le texte na va pas, il est trop… je sais pas quoi. Un « comité de lecture » l’a refusé. Je demande gentiment à recevoir le catalogue de l’expo, pour comprendre, au moins, pourquoi j’ai travaillé pour rien. Nada. Je crois que c’est une illustration assez fidèle du radicalisme d’aujourd’hui. Imaginez des textes sur Sodome et Gomorrhe qui sont « relus » par un comité. Gay people today !

vendredi 31 juillet 2009

Le point de bascule


 

En France, on connaît assez peu Malcolm Gladwell. C’est normal : ses trois livres ont tous été des best-sellers aux USA et le dernier, « Outliers » est depuis 35 semaines dans la liste du New York Times. Non seulement c’est le seul bouquin qui ne décroche pas de cette liste, mais il se paye en ce moment le luxe de remonter vers la deuxième place, après avoir été N°1, N°5, N°4. C’est un livre qui s’amuse tout seul quoi. En France, on a Michel Onfray donc il ne reste plus beaucoup de place dans le cortex préfrontal des lecteurs – leur centre de décision ne peut plus les aider pour prendre de nouvelles décisions. Dans son premier livre,  « The Tipping Point », Gladwell décrit comment les concepts et les mouvements grandissent jusqu’à un mouvement de bascule qui rend ces idées, ou ces mouvements, compris par un très grand nombre. Par exemple, pour décrire quelque chose que tout le monde comprendra, Act Up a grandi jusqu’au moment de la capote sur l’Obélisque de la Place de la Concorde, qui a imposé l’idée à travers le monde.

La caractéristique de Gladwell, que je soupçonne être une folle hétéro, ou une folle tout court, c’est d’être un écrivain obsédé par les données scientifiques pour appuyer ses idées. Il adore les essais thérapeutiques et plus c’est obscur, plus il frétille. Dans « The Tipping Point », il explique que « dans les épidémies, un tout petit nombre de personnes fait tout le travail ». Ah, voilà une idée pas politiquement correcte du tout. Dans le sida, on peut même dire que c’est la pire idée qui soit. Imaginez, si une épidémie mondiale est nourrie par un core group qui n’en fait qu’à sa tête, on n’est pas loin de, gasp, la discrimination.

Dix ans après le début du grand débat sur le relapse et le bareback et de la remontée de l’épidémie du sida chez les gays, nous sommes désormais dans l’ennui d’une contamination entre homosexuels qui ne choque presque plus personne. Les gays ont été les premiers à imposer la capote à travers le monde, ils sont aujourd’hui les premiers à l’oublier puisque de nombreuses associations de lutte contre le sida pensent que le risque infectieux est désormais moindre. Les personnes séropositives sous traitement continu vivent plus longtemps et leur sperme est moins contaminant (uniquement pour le VIH, of course; le reste...). Depuis dix ans, l’arrivée de nouvelles combinaisons d’ARV, toujours plus efficaces, toujours mieux tolérées, aura eu cet effet paradoxal. Le sida est devenu une maladie chronique qui fait moins peur, mais qui coûte toujours aussi cher, et qui « dégoûte » toujours autant.  On ne l’associe plus vraiment à la douleur d’une maladie, c’est l’appartenance sociale, médicale à un groupe qui dégoûte. C’est bien simple : plus personne en parle. Ce n’est plus un sujet. Qu’importe si quelques dizaines de personnes s’insultent à travers le monde pour savoir si on a le droit de baiser sans capote, plus personne n’écoute. C’est la grande victoire de ceux qui minimisent la responsabilité de la transmission. Comme m’a dit un vieux connard l'année dernière : « On ne peut pas mettre un flic derrière chaque pédé ». Comme si on avait, un jour, envisagé un tel scénario tragicomique. C’est la limite du tipping point de la prévention : à force de ne plus voir de coupables, il n’y a plus de responsables non plus. C’est chacun pour soi. Shit happens.

En ce moment, cette idée provient de tous les côtés. Il suffit d’ouvrir son ordinateur et attendre, peinard, que ça arrive. Un jour, vous lisez que la moitié des personnes qui ont des maladies chroniques ne prend pas bien leurs médicaments. Le lendemain, un mail associatif tente de nous convaincre qu’il ne faut pas juger ceux qui ne parviennent pas à prendre leurs médicaments. Le même jour, un ami qui est séropo depuis vingt ans vous appelle et il n’est pas capable de se rappeler le nom d’un seul de ses ARV. Il ne sait pas ce qu’il prend, même s’il le prend tous les jours… D’abord, on leur a dit : c’est normal si vous prenez des risques. Après : c’est normal si vous ne mettez pas la capote. Après : c’est normal si vous êtes devenu séropo. Après : c’est normal si vous ne vous rappelez pas de vos médocs – et des mecs avec qui vous avez baisé sans capote. Après : c’est normal si vous ne prenez pas vos médocs, donc vous avez une charge virale élevée, vous êtes plus contagieux, vous baisez avec des séronégas et on vous rassure : surtout pas de jugement. Il faut défendre les droits des séropositifs et on ne peut pas mettre une équipe de SWAT derrière chaque pilulier.

Attendez. Vous vous demandez un peu ce qu’ils pensent, les séronégas ? De la peur qui est la leur quand tous les principes de prévention se trouvent grignotés peu à peu sans qu’on sache vraiment quels sont les messages clairs et ceux qui sont plus du tout clairs ? Vous leur posez des questions sur le fait de vivre dans une communauté dans laquelle cette peur n’est jamais prise en compte, jamais discutée, jamais mise en relief pour en faire une pression associative ou médiatique ? Où avez-vous vu des articles qui reflètent cette méfiance de l’homosexuel d’à côté, parce qu’il n’a pas fait le test, ou parce qu’il vient de choper une hépatite C fulminante que vous ne voulez pas choper ? Vous croyez que je m’amuse à écrire ça pour stigmatiser les séropos ? Que ça m’amuse de voir que la grande majorité des séronégas sont stigmatisés et qu’on ne leur adresse pas la parole parce que leur peur, à eux, est moins intéressante que celle des 6000 nouvelles personnes contaminées par an, qui s’ajoutent aux 120.000 personnes déjà contaminées ? Depuis qu’on a commencé à s’écharper sur la prévention, sur le bareback, ces 9 années du XXIe siècle ont déjà produit (9 X 6 = 54.000), oui autour de 50.000 personnes nouvellement contaminées, dont presque la moitié de gays ?

Mon point – car j’en ai un, vous savez. Le sida fait moins peur, on l’a vu. La perception de la maladie a évolué, ce qui est tout à fait logique lorsqu’on admet l’efficacité des traitements. Mais le concept d’épidémie, lui, capture toujours autant l’imaginaire. La couverture médiatique du virus de la grippe H1N1 en est la preuve. L’association entre virus et catastrophe est toujours aussi puissante. Dans un article de l’International Herald Tribune du 21 avril dernier sur les risques de déflation en Europe, le titre de couverture du quotidien était : « As deflation grisps Spain, fear it will spread ». La phrase d’un expert est révélatrice : « It’s like the front line of a virus outbreak ». De même, le livre récent de Philip Alcabes "Dread - How Fear and Fantasy Have Fueled Epidemics from The Black Death to Avian Flu » (Public Affairs) explique pourquoi l’épidémie est un concept qui accroche toujours les gens, surtout en ces moments de crise. Des témoins qui se trouvaient à Mexico pendant les premières semaines de l’épidémie parlaient d’une conjonction irréelle de catastrophes : d’abord la crise économique, puis l’apparition du virus, puis le pays qui s’arrête, et un tremblement de terre par-dessus le marché.

Dans le sida, on a perdu ce sens de l’alerte car une grande partie des militants ont distillé depuis des années un message qui, grosso modo, dit que les nouvelles contaminations ne sont pas aussi graves que les inquiétudes exprimées par les séropositifs pas safe. Quoi, engueuler un séropo sans traitement qui sait qu’il a une charge virale d’un million de copies et qui baise sans capote avec des séronégas ? Mais c’est de la stigmatisation ! Le médecin n’a pas à interférer avec des décisions thérapeutiques qui ne concernent que la personne séropositive ! Quoi, un groupe de soutien pour 4 malheureux barebackers, et pas de groupe de soutien pour des milliers de séronégas? Eh bien voilà : à force de minimiser ce risque de contamination à partir de la source, surtout chez les gays, on a amoindri l’alerte sur le sida. On a fait en sorte que le sida soit un virus BEAUCOUP moins redouté que celui de la grippe, qui est pourtant beaucoup moins létal. Et que disent les associations là-dessus ? Rien. Les laboratoires pharmaceutiques sont en train d’empocher des milliards grâce à la grippe et le sida ne dit rien, ne fait pas de lien, ne met pas les choses en perspective. Il y a encore 10 ans, le sida était le rôle modèle de la pandémie moderne. C'était l'exemple qui était toujours cité lorsqu'on voulait mettre en parallèle la proximité sexuelle, la précarité, la prévention et les mouvements migratoires. 

Aujourd'hui, c'est la grippe. Cela veut dire aussi que le grand public a compris que le sida ne les concernait pas comme la grippe. Le sida est un concept qui se dévalue tout seul, grâce à ces militants sida qui banalisent la prise de risque et qui acceptent, en silence, par usure, ce prix à payer, dans le formidable espoir de trouver un ton « serein » à cet énorme échec.

mardi 28 juillet 2009

Random Notes 2006


     -       Une aberration de l’obscurantisme

-       « Le traité du jardin » (Editions de l’Imprimeur) – Ji Cheng 1634

-       « Jardins de l’autoroute » (Actes Sud) – Hervé Mineau

-       « Études des paysages, l’aménagement des surfaces végétales »

-       - Pins peuce de Macédoine

-       - Pins de Thoreau : pinus stropus, white pinus


« Le capitalisme de la séduction » Michel Clouscard (Ed. Delga)

p.119 : l’économie du désir-plaisir est celle de la mauvaise foi politique. Elle est l’opportunisme constant d’une double vie

p.122 : Le drogué, au contraire, consomme. Et consommation idéologique du corps. Il cherche à obtenir ce que le romantisme et le mystique cherchent à se libérer. Le drogué est l’essence même de la société de consommation. Alors que son image idéologique prétend le contraire, le drogué est le fétiche par excellence.

p.156 : « Je n’épouse jamais » - Montherlant

p.187 : « La nouvelle consommation sélective est essentiellement la consommation du luxe et de la technologie. Il ne s’agit en aucune manière de biens et d’équipements (soit collectifs, soit des ménages) à vocation fonctionnelle, utilitaire. C’est le sélectif de la technologie qui est consommé. L’usage cher et rare. Le prototype. Le modèle. La première série. La série la plus chère. La plus récente série. Celle que l’on se dispute. Le dernier cri. Le dernier perfectionnement. La dernière trouvaille. Celle qui change tout. Qui fait autre »

Ouah. Quand tu vois que le mec a écrit ça il y a 30 ans, on dirait qu’il parle de l’iPhone.

p.237 : la démode

« le capitalisme, un clavier de différences »

p.254 : « Nous avons atteint le paradoxe même de la mondanité. La différence est l’imitation. On est individu dans la mesure où on représente un genre. On est singulier lorsqu’on est le signe d’un genre. Le mondain est le processus de valorisation de l’individu par le genre. Il autorise cette usurpation narcissique : dire n’être que soi-même alors que l’on est qu’une résultante de la dynamique de groupe, une copie conforme ». Pfwoar, so much for queer studies and genre stuff.

p.258 : « La psychanalyse est bien le couronnement idéologique du système. Elle parachève l’entreprise d’occultation de la réalité. Alors que « l’inconscient » s’étale au grand jour de la banalité quotidienne. Réalité que l’on ne doit pas dire, qu’il faut feindre d’ignorer et qui devient ainsi « l’inconscient » de la psychanalyse, inconscient de l’inconscient ». Well, so much for shrinks for gays.

-       Tout est « ludique » même ce qui ne l’est pas. « Convivial » !

-       Clouscard se demande si Foucault n’assure pas le service de promotion de la nouvelle industrie du loisir – dont il est mort d’ailleurs.

-       Consommation de surplus

p.310 : Ridiculiser la maison de campagne comme « le symbole de la rencontre et de la réconciliation des deux grands systèmes d’exploitation et de profit du système » ! Pour lui : « Nous en ferons le symbole de la nouvelle société, du nouvel humanisme. Et le moyen de leur explication ». ça c’est pour bibi.

p.318 : « Et voilà que le nouvel humanisme sera l’information de la société ! Et au service de la convivialité ! Et cette nouvelle doctrine libertaire est proposée par ceux-là même qui se font l’écho de la contestation, de la libération des mœurs, de la convivialité ! ». Que fuerte !

-       « L’amourette technocratique »

-       « Les protagonistes peuvent s’adorer sans s’être jamais vus. Se voir serait même un désenchantement ». Chat, FB, he got it all right. « Internet est le totem suprême de la civilisation capitaliste.

p.230 : « Le libidinal, l ludique et le marginal, ces 3 vecteurs du développement du corps, ces 3 fonctions normatives sont transmises en marchandises, en choses par le profit. Il y aura une valeur ajoutée qui est l’essence même du marché du désir. Le sexe, le jeu, la drogue, l’alcool sont des produits qui prennent de la valeur par le mercantilisme caché. La nomenclature proposée n’est pas limitative. Elle est déjà un tri. On peu se demander, par exemple, si « la violence » n’est pas devenue, elle aussi, une consommation ludique ». Films, jeux vidéos, porno, TV, tout. Le mec is so way ahead.

Il y a 40 ans, si on avait le malheur de monter dans un train, on était entouré de paysans qui n’attendaient pas que le train soit en mouvement pour ouvrir des paniers pleins de camemberts et de saucisson, avec des grands pains de deux kilos. Le voyage, c’était la bouffe, même si on n’avait pas faim. Et puis ce fut le règne du papier alu dans les années 70 et 80. Dès qu’on partait d’une gare, les nouveaux arrivants ouvraient en même temps les sandwiches préparés par les mères de famille et on entendait le bruit de l’aluminium dans tous le wagon. Aujourd’hui, les gens disposent devant eux les jouets de la nano musique comme s’il s’agissait d’un pique-nique de l’épate.

Raconter le club à Barcelone avec 1000 personnes et des écrans géants qui montrent le best of des films bareback. À chaque moment, il y a une éjaculation avec du sperme là où il ne faut pas. C’est conceptuel, il y a des écrans partout, il n’y a pas moyens d’y échapper ou alors il faut danser en fermant les yeux. Quand on pense qu’il y a 20 ans, sur les mêmes écrans, il y avait Dee-Lite. C’est Eric et Fred qui ont vu ça.

Ils sont gourmands. Ils sont comme les hétéros qui s’infligent énormément d’obligations et de charges comme les emprunts et les bébés mais l’argent des gays, aujourd’hui, ne se dirige que vers eux. C’est un fonctionnement mondain dont parle Clouscard, il consiste à amasser et gaspiller en encourageant le business. Bientôt ils seront comme ces grandes divas déchues qu’ils aiment tellement dans le cinéma classique de Robert Aldrich mais dont ils se moquaient avec une dose de mépris : « I got your dindin,  ». Ils finiront par engager un psy pour leur chien ou leur porcelaine.

Des jeunes avec des sacs en plastic qui font autant de bruit que ceux des vieilles de 60 ans.

C’est bouleversant comme ces dizaines de personnes qui vont de salle en salle au MET et qui se dirigent inconsciemment tout droit vers les trois Van Gogh et les Pollock. Tout d’un coup, on sait qu’ils sont captivés et les autres tableaux de ces salles sont un peu survolés par le public car il n’y en a que pour Gauguin et Van Gogh.

C’est au moment où il plante les 3 graines de haricot dans le terreau que Jackson Pollock est heureux à la campagne. Comme dit la chanson : « The bitches don’t lie ».

Walt Whitman – A gay life par Gary Schmidgall (Dutton)

-       Nocturne

-       Choix de la plante Calamus

p.83 : Emily Dickinson

p.85 : Quand on pense que certains critiques littéraires, jusqu’à 1920, écrivaient qu’il n’y avait aucune preuve que Whitman avait eu des pratiques homosexuelles alors que son œuvre était sans précédent dans la description du sexe entre hommes.

p.99 : Timothy Gilfoyle in « City of Eros » confirme que New York, entre 1936 et 1971, abritait les « halcyon années du sexe commercial » et « le début d’une subculture homo sexuelle distincte »

p.155 : dans le cas de Whitman ou de Thoreau, quel que soit le niveau de sexualité assumée et consommée, l’amour masculin est spirituel, non compétitif. C’est un dicta qui élève.

- Vers la fin des années 70, on murmurait avec horreur qu’il y avait des vieux pédés assez dépravés pour laisser des mies de pain dans les rigoles des vespasiennes (qui puaient vraiment beaucoup) pour venir plus tard les manger dans la nuit. Les cochonneries ont bien sûr toujours existé, mais même à l’époque, c’était un délire gay qui dégoûtait tout le monde.

-L’éclairage des lieux publics. J’avais été très surpris d’entendre un ami, jeune et hyper moderne, pester contre l’éclairage nocturne des monuments publics. I9l prétendait que les châteaux et les églises et les musées et les ponts n’avaient pas été conçus pour l’éclairage nocturne, ce qui est tout à fait logique puisque l’électricité n’existait alors pas. Comme par hasard, il est à noter que cette analyse venait d’un homosexuel trop jeune pour avoir découvert paris quand Le Louvre était noir de crasse, entouré de parkings et que tout le monde était conscient de la décrépitude de l’endroit. Qu’on gaspille de l’énergie pour mettre en valeur le travail accompli, avec des financements non négligeables, ne fait pas partie, pour moi, du gaspillage.

- Bon, il faut bien accepter le fait que ça ne va pas changer : les gens bavards vont devenir de plus en plus bavards. On les encourage à dévaluer leur parole, le plus souvent pour ne rien dire. Le portable est l’objet de pression par excellence, qui a redonné de l’espoir aux parents qui voient leurs enfants de 15 ans leur échapper. Au lieu de les laisser s’envoler dans leur propre vie, le téléphone les traque jusque pendant leurs vacances pour les attacher toujours plus dans les liens qu’il faut défaire. Il est désormais connu que les gens se comportent avec leur portable comme une parade à tout ce qui les effraie dans la vie. Ils voient un mendiant, hop ils font semblant de parler pour se donner de la contenance et faire diversion. Hier, dans le bus, j’ai été témoin de 3 personnes qui raccrochaient au pif de leurs interlocuteurs, et les nouveaux portables dotés de clapets facilitent énormément le plaisir de terminer abruptement une conversation avec juste un moulinet du poignet. Mais les parents sont les poires. Ils croient s’adapter à la modernité avec un nouveau moyen de communication alors qu’ils ne font que renouveler des comportements réactionnaires familiaux : celui de prolonger encore plus longtemps une dépendance affective, qui débouche toujours plus sur une culpabilisation des jeunes quand ces derniers considèrent qu’ils ont enfin droit à une vie indépendante. Je connais des jeunes de 15 ans qui subissent des crises de leurs mères parce qu’ils ont l’outrecuidance de ne pas les appeler pour leur donner le compte – rendu de leur semaine passée, jour après jour. Ces parents, à 50 ans, devraient trouver des occupations moins aliénantes et arrêter d’empoisonner leur entourage.

-       Le bareback est une valeur de gauche - Marc

 

 

lundi 27 juillet 2009

Stoopid Warning


Je m’en vais pendant un an et quand je reviens, c’est toujours la merde chez les associations. Il y a encore plusieurs mois, on disait qu’il fallait laisser la place aux « jeunes », que la présence des anciens ne permettait pas le renouvellement des idées et des alliances politiques. OK, je veux bien, ça ne me dérange pas de prendre un back seat pendant quelques mois. On verra bien, je me disais. Et puis, force est de constater (comme on dit), que c’est toujours le même bullshit. Avec beaucoup de fric, on s’arroge le droit d’écrire des préfaces sur les associations les plus radicales. Avec beaucoup de candeur, on se permet de dire que le débat sur la prévention est devenu plus « serein » alors que rien -mais alors vraiment rien- n’est en voie d’être réglé. C’est le règne de la magouille et personne n’en parle car tout le monde dépend de la magouille pour décrocher quelques milliers d’euros de subvention par ci, quelques billets d’avions payés par les laboratoires pharmaceutiques par là, quelques voyages en Afrique du Sud pour une conférence internationale que personne ne suit vraiment, quelques places dans des comités au sein des hôpitaux qui flattent l’ego. Les associations se justifient en croyant qu’elles poussent l’expertise médicale plus en avant alors que l’Etat leur donne des os à ronger qui les occupe pendant que les mois et les années passent. Les associations sont sincèrement persuadées qu’elles travaillent sur des « dossiers » quand elles ne font que s’épuiser pour tenter de rester à niveau avec les professionnels qui, eux, n’ont rien d’autre à faire. On croit que l’on va justifier une incapacité à agir en se plongeant de plus en plus dans un foutoir de données complexes, quand il suffit d’avoir une voix claire et juste, que tout le monde peut comprendre, sans tomber dans le misérabilisme associatif ou la bonne pensée qui satisfait tout le monde sans vraiment savoir pourquoi. Pendant ce temps, dans le domaine du sida, tout le monde dort.

Le dernier sommet de cette bêtise associative, c’est encore Warning qui nous l’offre. Dans l’article d’Olivier Jablonski du 19 juillet dernier, l’association critique les actions du Syndicat national des entreprises gaies (SNEG) comme si on venait de découvrir un Watergate homosexuel. Tout d’abord, il serait tellement plus franc pour Warning de dire que les messages du SNEG et de L’institut National de Prévention et d’Education pour la Santé (INPES) sont à l’opposé de ce que pensent Warning et Aides. Message de l’INPES : « Ne vous laissez pas infecter par les idées reçues. Rumeur N°4 : avec une charge virale indétectable, on est moins contaminant ». Oui, c’est une alerte officielle, émise par l’Etat, qui contredit directement ce que claironnent Aides et Warning. Et cela met ces deux associations dans une contradiction frontale avec la prise de position de la santé en France, qui n’a surtout pas envie de prendre sur elle la responsabilité légale des contaminations des nombreux gays qui sont en train de se convaincre qu’à partir du moment où un séropo prend son traitement, on peut avaler son sperme par tous les trous, et en grande quantité SVP.

Pour argumenter ses positions, Warning joue encore le jeu du fer de lance d’Aides. Cela fait des mois que Jablonski parle pour Aides. C’est une sorte de front de conflit, qui permet à Aides de s’exprimer, mais pas vraiment en son nom propre. Ce qui est très courageux, on l’admettra. Personne, dans la communauté sida ou dans la presse LGBT française, ose demander quels sont ces liens si solides qui rapprochent Warning et Aides. Personne ne semble intéressé à l’idée de savoir qui travaille chez qui, qui a suivi des missions chez qui, qui gagne de l’argent avec qui. Personne ne veut savoir aussi si ces paroles viennent de séropositifs, de séronégatifs, de personnes récemment contaminées, de personnes contaminées il y a 5 ans, ou 10 ans. Personne n’a vraiment envie d’illustrer le fil de ces positions depuis le milieu des années 2000 car personne n’a vraiment envie de remuer des alliances politiques tout à fait occultes, qui n’ont jamais été clairement exprimées, donc qui n’ont pas de légitimité politique – puisqu’elles sont opaques.

C’est ça la grande différence entre une parole politique crédible et le bullshit. Si un séropositif adopte une position politique parce qu’il s’est fait contaminer il y a 3 ou 5 ans, en plein conflit personnel sur le relapse et le bareback, son discours politique peut être complètement justifié – à condition que l’on comprenne mieux les conditions de sa contamination. On ne va pas commencer à raconter que les conditions de chaque contamination n’ont pas à être exprimées, ou revendiqués, avec tout ce que l’on sait sur l’engagement qui découle de cette prise de conscience de l’identité de séropo ou de séronéga. Je ne veux pas dire que le fait de devenir séropo fragilise en soi une position politique : j’ai précisément toujours dit le contraire, ça lui procure souvent plus de poids. Je veux dire que le fait de cacher son identité de séropo, et la date de sa contamination, met indéniablement un voile de doute sur tout ce que l’on peut dire. C’est le legs du militantisme sida depuis 20 ans et si on remet ça en question, dans ce cas, il faut le dire clairement. Le non-jugement a ses limites, nous avons désormais le droit de savoir à qui nous parlons.

Alors, quand on a dit ça, les critiques de Warning sur la « représentation » du SNEG sont assez drôles. Pour attaquer les positions de prévention du SNEG, Warning dit que ce syndicat des entreprises gaies outrepasse son droit en adoptant une ligne politique qui n’est pas forcément le choix des entreprises (bars, saunas, bordels) qui rejoignent ce syndicat. C’est un peu merdique comme bâton, non ? C’est tenter de décrédibiliser ce syndicat auprès des agences gouvernementales pour dire « mais, en fait, le SNEG ne représente que lui-même ! Au secours ! ». C’est vraiment débile.

D’abord le SNEG a une charte de prévention et ne cache pas ses convictions en termes de prévention. Ensuite, douter de la représentativité du SNEG, cela revient alors à douter de la représentativité de Warning, une association toujours très peu connue, formée d’un nombre réduit de membres, qui a est parvenue, sans grand effort, en 5 ans d’existence, à bénéficier d’une couverture médiatique somme toute très limitée. Ce qui n’a pas offert beaucoup d’infos sur les objectifs réels de cette association – et ses modes de financement. Sans ajouter le fait que le signe Internet de Warning semble relativement peu lu, puisque le nombre de commentaires laissé sur ce site est incroyablement proche de rien.

Warning se comporte comme une association qui parle comme si elle était formée de beaufs qui parlent à un comptoir de café. Quoi, c’est l’Etat qui paye les dispositifs de distribution de capotes et de gel dans les bordels ? C’est incroyable ! Sans rappeler que, justement, cet engagement dans la prévention des lieux hards est une victoire associative car il fallait bien une normalisation de l’accès à ces outils de prévention. Et la preuve officielle que l’Etat s’engageait dans des endroits où il n’avait jamais foutu les pieds (et n’oubliez pas que j’ai assisté à ces premières réunions de systématisation de la prévention dans les lieux gais - et Warning n’était pas là). Si Warning préfère que l’on enlève ces distributeurs, il faut le dire tout de suite. Ils en viennent même à écrire à Bachelot pour protester que les distributeurs de capotes soient payés par les contribuables français ! Envoyé le 22 juillet, c’est une lettre absolument irréelle que Warning pond encore : le SNEG serait présent lors des discussions du groupe de travail sur la prévention (Warning a quitté la table en 2005) et donc s’accorde directement les budgets de prévention. Totalement shocking. Moi, en tant que militant sida, ça fait vingt ans que je vois ça. J’ai toujours vu les associations comme Aides défendre leur fric devant tout le monde. Déjà, à l’AFLS en 1990, c’était le cas. Et c’est le cas partout, à Sidaction, à Solidays, etc... Si cela choque énormément Warning, dans ce cas, il faut être crédible et s’insurger contre toutes les magouilles des autres associations. Nous attendons avec impatience que Warning fasse son travail d’électron « libre » de la communauté sida en nous révélant des détails vraiment croustillants sur les millions que l’Etat débloque pour généraliser le test rapide par exemple.

Warning, tête offensive d’Aides, préfère se concentrer sur des pinaillages financiers certes intéressants quand on a rien d’autre à foutre, mais qui cachent que ces critiques ont un fond réel : Warning préfèrerait que les messages véhiculés par le SNEG et l’INPES changent de ton, de substance, de contenu. Ce qui énerve Warning, c’est que l’on poursuive un point de vue qui est clairement du côté de la personne séronégative. Que se passe-t-il si vous suivez les conseils de Warning et d’Aides sur la réduction des risques ? Si vous êtes séronégatif et que vous tenez à le rester, comment suivre ces conseils de réduction des risques qui sont surtout promotionnés par des personnes qui sont devenues séropositives au cours de la dernière décennie et qui gèrent ainsi leur propre échec de la prévention ?

Est-il vraiment nécessaire de se plonger dans les méandres des magouilles associatives quand on n’a pas le courage d’aller au fond de la description de ces magouilles ? D’où parle-t-on ? Une personne séropositive qui encourage à plus de liberté sexuelle dans la prévention a-t-elle autant de légitimité qu’une personne séronégative qui tient absolument à le rester ? Cela fait des années que je me positionne du côté des personnes séronégatives dans ce combat pour la prévention. À force de s’intéresser uniquement aux droits des séropositifs, afin que ces derniers ne soient stigmatisés, on finit toujours par oublier les droits des séronégatifs, toujours majoritaires faut-il le rappeler, que personne ne consulte, à qui personne ne tend le micro, pour qu’ils puissent exprimer leurs énormes craintes face à cette banalisation de la réduction des risques, qui leur ouvre la porte de l’inquiétude et d’une plus grande méfiance homosexuelle.

C’est bien joli de poser la question de la légitimité du SNEG et de l’INPES et de la date des réunions et tout ce bordel. Il est temps de se poser la question de la légitimité de certaines associations qui pensent la prévention uniquement pour faciliter la vie des séropos – tout en compliquant celle des séronégas, qui est assez complexe comme ça, merci.

 

 

mercredi 8 juillet 2009

Random Notes 2008



·      Much of the day is pro forma

·      iPhone is the Big Kahuna of cellphone markets.

·      « Litlle Children »Ajouter une image avec Patrick Wilson

·      Cimenter une idée ou un argument

·      Helios Resort Palm Springs

·      Eras Bold, la typo de Magazine, est visible dans « Full Metal Jacket », 1987, comme par hasard.

·      « History Boys » english gay movie by Nicolas Hytner (200§)

·      Peter Paul & Mary

·      J’adore quand à la fin des pornos un message apparaît qui nous dit : « Stick in disc 2 ». Please. You bet.

·      Dave Van Rock – Folkways Years

·      Cela fait deux fois que ma mère me téléphone pour me dire que Julien Lepers, aux Chiffres et des Lettres, a posé cette question incroyable : « Qui a fondé Act Up-Paris en 1989 ? » Et il faut répondre mon nom ! Ils sont dingues !

·      Rod Stevens : desperate Internet sex

·      Stupor mondi – the astonishment of the world

·      Prêt à branler, une bonne marque à déposer je trouve.

·      « Y Tu Mamà También » vu dans l’avion en revenant de New York. Love it.

·      On a un problème avec ta candeur !

·      Consolider sa jambe

·      I branched out

·      La plus grande qualité que je peux offrir quand les amis viennent chez moi à la campagne, et surtout à notre époque, c’est le calme. Mon image à l’extérieur, celle d’un homme en colère, toujours à s’énerver envers un problème, n’a rien à voir avec le comportement que mes proches finissent par trouver insondable, celui de la tranquillité quotidienne.

·      Dire « I don’t know » 48 fois en une heure

·      Bête noire

·      Slomo visuals

·      Charles Kindleberger : « « the revusion stage » of a crisis

·      Lulz, être désagréable sur le net

·      Solipsism

·      Comme on parle de décennie perdue de l’économie japonaise, on peut parler de décennie perdue de la prévention gay.

·      Legfrogging

·      Les titres de films abstraits comme « Quantum of Solace » et « The secret life of lambs ».

·      Quand avez-vous passé pour la dernière fois une soirée peinarde, entre copains, à regarder les vidéos à la télé ?

·      Il y avait une naïveté dans des chansons comme « Gonna Get Over You » de France Joli et c’est cette naïveté qui fascine les jeunes qui aiment la disco. Ils y trouvent un courant d’air frais qui a pourtant 30 ans d’âge et qui est totalement débarrassé de cynisme.

·      Dave Clarke : « Je ne sais même pas où est passée l’influence noire dans la musique d’aujourd’hui ».

·      Chercher à Strand : « Everett Kuntz : « Sunday Afternoon on the Porch – Reflections of a Small Town in Iowa 1939-1942 (university of Iowa Press)

·      Cinéma sur West 23rd Street. Raconter l’histoire du film vu avec Jim amené en fauteuil roulant. 15 ans après sa mort, New York ne provoque plus chez moi la tristesse liée à la mort de mon plus grand amour.

·      « Henry Poole is Here » de Mark Pellington dans l’avion vers NYC. Luke Wilson

·      « The Motorcycle Diaries », Gael Garcia Bernal

·      Dans « Swing Vote » de Michael Sern (2008), les Dubbing Brothers ont traduit « sidaïques » à la place de « sidéens ». Ooooooooooops !

·      « L’engagement moral » entre Sarko et les banques

·      8000 SDF à Paris

·      Cette beauté de la suburbia américaine dans « Paranoïd Park » est basée sur l’emprunt et les subprimes. Pareil pour les fringues que portent les hustlers dans Sneek Peek Prods.

·      Nébulosité

·      Très rafaleux

·      Neg Marrons : « Le Bilan » 50 ans

·      Suart Kirk sur CNN

·      Les adulescents

·      Marc de Chalvron – France 24. Ce type est d’une beauté vraiment pas normale et personne le dit, comme si c’était pas un détail important

·      Des écrans tactiles sur CNN – Jessica Yellin via hologramme from Chicago !

·      Damian Marley « Road To Zion » 

·      « 50 years of surfing on film – The Surfer Journal »

·      Kill reality on E !

·      « Dark Blue » - Scott Speedman *****

·      On sort d’un mythe, celui de la responsabilité, pour assumer un autre mythe, celui de l’irresponsabilité, beaucoup plus banal. Ce sont les petites choses de la vie qui justifient les grands échecs, comme la séroconversion.

·      « Avec leurs mots, ils ont dit leur souffrance » - le journalisme de France 3

·      « Je ne voudrais pas sur-investir dans les résultats de ce procès » - pareil

·      La musique de Chic sert pour une pub de banque, Diana Ross pareil.

·      Quand je montre des mecs de JNRC à Sylvain, il me dit : « Tu sais Didier, il y a des pédés qui ressemblent à ça ». Je lui réponds que je sais, je suis pas débile ».

·      Baby boomers (born 1946-1964) are retiring

·      Prévention « positive »

·      Numéro Azur 4094 : Dites « contamination volontaire »

·      Simple is very hard to achieve. Jeans avec des plis partout, et des poches où on n’a pas besoin d’en avoir.

·      Passé une soirée entière à regarder des rodéos à la télé. Incroyables chemises avec des blasons et des broderies sur le col. La mode n’a pas encore récupéré ce truc, ça va pas tarder methinks.

·      « In these troubled times » CNN. C’est devenu la phrase consacrée.

·      C’est une joie de regarder les jeunes Blacks ou Beurs qui embarquent dans l’avion du retour de New York, avec leurs fringues toutes neuves et leurs coupes de cheveux impeccables faites dans les barber shops noires ou latines. Leurs copains sont contents de les voir à l’arrivée.

·      Le Boeing 777 est vraiment le meilleur avion. 200 films à regarder.

·      « Addiction » sur HBO

·      Patrick Blanc avec ses jardins verticaux est l’équivalent médiatique d’Arthus Bertrand : vendons l’idée à l’extrême, produisons livres et calendriers, au stade de dégoûter le monde entier avec l’idée du départ.

·      Même Ricardo Antonio Chavira a une barbe dans la dernière saison des « Desperate Housewifes ».

·      Chris Lilley dans « Summer Sights High », show de dingue.

·      Joseph Cao, le premier congressman vietnamien. Now, France, eat your heart out.

·      Twitter n’arrête pas d’interférer avec les jouneaux télé.

·      Une swat (une obsession sympa)

·      « Velvet Rage »

·      Le mec au Blue Store de New York est complètement hot.

·      Clooney et Brad Pitt ont des moustaches très 1920.

·      It’s complicated.

·      Wrangler : « Long live cow boys ! ».