mardi 7 juillet 2009

Random Notes 2008



John Burroughs « Construire sa maison »

p.36 : ad captandum

  • John, Muir et George Perkins Marsh
  • Li Yu : restaurer ou construire sa maison est absolument la même chose qu’étudier ou écrire » Chine, XVIIème siècle
  • Beauté négative = effacement

p.21 : l’activité sui generis

p.42 : le mortier : moins il se voit, meilleur est le résultat. La « pierre sauvage », non taillée ni rabotée.

 

Parfois on est complètement seul à écouter certains genres de musique :

-       le jazz funk en 1980

-       le latin hip hop en 1987

 

  • libido communationnelle
  • embush marketing
  • Groove Armada « Get Up »
  • Benoît Apparu, député UMP de la Marne
  • Quand je suis allé voir « The Ring 2 » au cinéma avec Damien, il était terrorisé pendant le film, mais il y avait toujours un moment où je le faisais rire en lui disant au creux de l’oreille : « Tu vois cette table, c’est du vrai Arts & Crafts, ça vaut une fortune ».
  • 29 millions de couleurs !
  • Qui a donné aux jeunes cette idée qu’il faut payer 60 euros pour une coupe de cheveux pour hommes ?
  • Je ne fais même pas partie des gens qui sont contre la commercialisation du désir
  • Soulac
  • Je suis en train de tomber amoureux de quelqu’un qui pourrait être mon fils et c’est une sensation extraordinaire
  • « I’m in it right now » - Garden State
  • « Vers le Sud »
  • Raconter la fable de Conforama versus But
  • « In Her Shoes » : Mark Feuerstein me rend dingue
  • Accrocher des rubans au branches du noyer
  • « You need to go dark ».
  • Aberration
  • David : « I only use the Nano »
  • Nicolas Dupont Aignan : « la mondialisation, quand elle est heureuse, elle est fabuleuse ! »
  • Kevin Smith, le mec silencieux de « Dogma », a quelque chose de Shazz
  • Bryan Greenberg
  • Même à la pire époque du sida, je ne me rappelle pas avoir entendu autant de gens qui ont des idées suicidaires.
  • Les jolis mois commencent toujours en J
  • Personne ne remarque la drôlerie : « Mrs Doubtfire » passe sur Canal Family
  • Un effet dose réponse
  • Permafrost
  • Dans « Les Berkman se saparent » (2005), on entend la musique de « Risky Business » dans le fond sonore. C’est une sorte de spécial dédicace.
  • Contamination consciente
  • « Tout ce qui est exemplaire est excessif »
  • Theo Angeopoulos
  • « J’ai même créé une communauté qui me regarde sur Internet »
  • Interlope = particulier = gay
  • Le truc qui est paniquant, c’est que lorsque je regarde un film comme « L’impasse » de Brian de Palma (1993) avec toute sa BO de tubes à la KC & The Sunshine Band, je peux me rappeler exactement quand ces titres passaient, il y a, heu, 35 ans.
  • Dyspnée
  • Mathias : la manif de Rien avec banderoles, et affiches vides

 

Th way we talk

p.221 : thought leader : Gedankenführer

p.227 : les gens ne veulent pas personnaliser leurs critiques. « The serial » Cyra McFadden

p.47 : les titres de chansons de Country versus Dusty Springfield versus les Pet Shop Boys

 

Alvin Toffler Power Shif

p.156 : lovemaking in hotels

 

Très peu de personnes ont désoimais le temps de regarder les journaux télévisés de 18h à 21h, en zappant de chaîne info à une autre pour comparer comment son traités (ou pas) les sujets d’actualité et la teneur des débats qui les accompagnent. En tout cas, dans les journaux que je connais, personne ne le fait parce que, forcément, les journalistes sont occupés à ce moment, ce qui est normal. Mais cette surveillance des médias, quand elle est ajoutée à la lecture de la presse nationale, permet d’avoir une vision d’ensemble des sujets.

 

Rihanna possède actuellement la Midas Touch. Il n’y a rien qui puisse l’empêcher d’aligner des tubes planétaires.

24 janvier : Hervé Gauchet au Père Lachaise, salle Ludowski, 11 heures.

 

Panicum virgatum Heavy Metal 100cm Jardin du Pic Vert

Paniicum virgatum North Wind

Pennisetum Rubrum est bien en bordure ouest, procure une bordure basse 60cm et rond

Schizachyrium Scoparium 70cm très droit

Scipus cyperinus 2m, rigide, cotonneux

Sorghastrum nutans 80cm, rouge, rare, installation lente

Stipa gigantea, attention aux limaces

Sitipa lessingiana 1 m, fine à la base

Typha minima, massette toute petite, en pot !

Aristida Purpurea, 60cm, droit, fontaine

Austrotipa stipoides, à rechercher, fou !

Brachypodium sylvaticum, sec, ombre, chemin

Briza media, 80cm

Calamagrostis Kar Foester, 1m80, absolument

Calamagrostis nutkaensis, 1m50, humide

Chasmanthium latifolium, avoine sauvage, 1m20

Chionochloa flavicans, Nouvelle Zélande, -8°, rechercher

Deschampsia cespitosa, 1m40, bordure

Elytrigia elongata, 1m50, incroyable ! chercher

Eryphorum, linaigrette, acheter

Hakonechloa, plante japonaise en pot

Jarava Ichu, 90cm, -5°, mais incroyable

Juncus, n’importe quelle variété

Chicorées sauvages

Molina caerulea arundinacea Karl Foester, chez Jardin du pic Vert

Molina caerulea Transparent

Molina caerulea Sky Racer (2m)

Panicum Virgatum Warrior

Stipa Penaeta

 

  • « America is screaming for change » Herald 4/2.2008
  • Paris exige l’ennui.
  • Purge
  • Proposer un XXème siècle sur Harvey Milk
  • Sors de mon Super Wall, conasse
  • « Gaijin »
  • Amelle Chahbi, Emile Hirsh
  • Fred J n’a pas voulu voir « 300 » tout seul parce que ça le culpabilisait, il aurait l’impression de tromper son mari.
  • You’re pissing me out concrete
  • Un documentaire sur Voyage où des jeunes au Brésil ont vu trop de beaux coins pendant 6 mois qu’ils sont presque écoeurés : encore une chute d’eau immense, encore une montagne renversante, encore un paysage à couper le souffle.
  • Maintenant je comprends ce que ça veut dire : « tu me fends le cœur ». C’est vrai.
  • Mercurial !
  • Pronto !
  • « You’re doing it for the pussy » - « Edison »
  • On se demande vraiment qui collectionne les bouquins de photos de « Journalistes sans Frontières »
  • Etre en première position, comme pour les décollages
  • Herald ideas : 50 is the new 30
  • Paniquer à l’idée de choquer quelqu’un, quelque part, est devenu la Noria existentielle du conformisme LGBT
  • Some LL Cool J Redux
  • L’alcool, ça n’existe tellement pas pour moi que dans les supermarchés, je ne vois pas les rayons de bouteille. Cette forme de verre allongé n’est tout simplement pas reconnu par mes yeux.
  • Vous voulez un compte en banque en Suisse avec ce CD Universal ? Je vous fais un paquet cadeau ?
  • Pourquoi les ados choisissent des mots complètement démodés comme « charmant » ?

 

Gore Vidal

p.154 : Nea zoe : new life

p.124 : Pride est le premier des 7 péchés !

Rococo

 

Paul Morley : "Words and Music"

p.202 : Simon Fuller, despise of music

 

Lepage

-       Molina arundinacea Windspiel 2 mètres !

-       Molina arundinacea SkyRacer 2m40 !

-       Miscanthus sacchariflorus, traçant, envahissant

-       Miscanthus Sinensis Juli

-       Miscanthus Sinensis Kascade, énorme

-       Miscanthus Sinensis Morning Light, bien droit

-       Miscanthus Sinensis Purpuraecens, le plus droit !

-        

Jardin du Pic Vert

-       Stipa Gigantea, 2m40

-       Amoophila arenaria, dunes, très traçant, chemin entrée

-       Helictorichon, avoine vivace, belle boule, 1m40

-       Bouteloua gracilis, épis horizontaux, 60cm

-       Pennisetum apecuroides Hameln 75cm

-       Leymus arenarious, envahissant, chemin, fin, graphique

 

Plantagenet

Anemantelle lessoniana (devant la maison)

Molina arundinacea Karl Foerster, 2m40, droit !

Panicum virgatum Cloud Nine, &m40, beau l’hiver

Sporsbolus Wisconsin, parfumé !

dimanche 5 juillet 2009

Random Notes



The post Truth Era – Dishonesty and Deception in Contemporary Life

Ralph Keyes

p.7 : desonesty, values & behaviour. Une étude révèle que nous disons 13 mensonges importants par semaine

p.8 : On a plus tendance à mentir à ceux que l’on aime

p.11 : « Deceptions, unethical acts & cheating increased dramatically over the past years »

  • braggadorio

p.97 : Men lie to impress, women lie to oblige

p.103 : verita in coitu

« Sex strips away indentities it takes a lifetime to build »

p.106 : risk taking is an aphrodisiac

p.107 : 10% des hommes élèvent un enfant qui n’est pas le leur

p.109 : plus la relation est dure et plus les partenaires font semblant de ne pas remarquer les fragilités sexuelles de l’autre

p.114 : le non jugement part du principe que la vérité exprimée n’est pas fondamentale

ça me fait penser : Aides a toujours eu une attitude réductrice envers les séropositifs comme s’ils étaient incapables de se prendre en charge. La raison pour laquelle les Américains ont été si tolérants face à l’affaire Clinton / Monica, c’est parce qu’ils se sentaient eux-mêmes vulnérables sur ce terrain.

  • « L’objet de mon affection » Nicolas Hytner 1998
  • « Vies Brûlées »
  • Parlez-moi d’ailleurs » Chaîne Public Sénat avec Rachid Benzine
  • « La chambre ardente » de Julien Duvivier
  • Certains n’ont que leur réputation
  • Chimérique
  • Mano a mano

p.131 : L’éducation procure plus de vocabulaire donc plus de mensonge et donc de prise de risque. C’est ce que l’on voit dans le sida : plus le niveau éducatif est élevé, plus il y a de la prise de risque.

p.134 : Réaction de groupe face à l’attaque

  • Apocryphe
  • Des gens déterminés à enlever le « pre » de « pre-cum »
  • Münchausen syndrome
  • Le fabulisme sexuel se paye toujours, qu’on le veuille ou non, soit par le fabuliste – mais souvent par le fabulé

p.169 : non fiction sells more than fiction

  • On rencontre encore des gays de 35 ans qui refusent de dire leur âge, devant vous.
  • Raconter l’histoire du con dans le bus 96 : « Je ne suis pas à Paris, là ».

p.197 : Mentir sur le web est 100% non jugemental

p.198 : Une compagnie roumaine procure des sons d’ambiance qui peuvent être ajoutés à la voix du portable : trafic, dentiste, etc.

face to face : f2f

p.200 : Utiliser son vrai nom contribue à terminer la conversation très vite

P.203 : comme des ados

p.207 : Développer des mythes grâce à Internet

p.210 : une vraie communauté s’est crée sur Internet. Mais ces communautés peuvent-elles exister sans confiance ?

p.214 : Croire est beaucoup plus fatiguant que douter

p.216 : Mentir si fréquemment ressemble à ce qui se passe dans les régimes totalitaires

p.231 : Erosion très subtile du respect

p.232 : Avoir une double vie procure du stress. Mentir est épuisant selon Nietzsche, car les neurones sont en suractivité

p.236 : chaque mensonge nécessite au moins 5 mensonges supplémentaires pour confirmation.

Quand j’étais jeune, je ne comprenais pas pourquoi certaines chansons avaient pour thème le temps (« Time » de Bowie) comme s’il s’agissait d’un exercice de style

p.243 : Reconnaître que la prise de risque existe ne veut pas dire qu’on l’accepte

p.245 : mentir sur son statut devient un faute « létale »

Les 4 médias les plus importants de la modernité nous poussent au mensonge : Internet, la presse, la politique, les psys.

p.250 : dire la vérité est de la haute maintenance

Par exemple, étant enfant, je n’ai jamais aimé l’histoire de Pinoccio

 

Alvin Toffler

p.33 : they absolutely destest routine

p.44 : la prévention n’est pas une religion, c’est un outil

p.46 : Ce que Toffler décrit dans le blocage de l’économie des années 80 existe dans la communauté sida. Quand l’Etat ne veut pas intervenir sur les sujets chauds et qu’il s’en remet aux associations qui, comme les syndicats, représentent assez peu les personnes qui ne sont pas représentées, la seule chose qui est recherchée par tous est le statu quo.

p.48 : obsolescence de la pensé associative

Vous êtes une grande association et vous avez des problèmes ? Vous ne les avez pas vu venir ? Vous êtes pourtant payés par l’Etat pour anticiper ces problèmes.

p.61 : En 1980, l’Angleterre est envahie par la nostalgie.

p.67 : Les USA sont la référence mondiale en termes de discussion sur la diversité sociale, ethnique, raciale et sexuelle. Cela ne veut pas dire que ces sujets sont réglés, mais ils sont en tout cas discutés sans cesse.

  • substratum
  • wakai : la réconciliation des différences
  • Afrique du Sud : c’est article de la Constitution est proche d’autres curiosités institutionnelles comme l’article 9 de la Constitution japonaise qui empêche le réarmement du pays et surtout son dispositif nucléaire militaire.

p.78 : Personne ne travaille sur l’anticipation  dans le sida, je vous assure. A part la recherche, personne.

p.99 : Knowledge is Power est dépassé : 1986. C’est Knowledge about Knowledge.

p.107 : de plus en plus de personnes intelligentes prennent des décisions de plus en plmus stupides. La qualité de nos décisions se détériore parce que les gens vont trop vite sur des sujets qu’ils ne connaissent pas assez.

p.108 : Act Up et l’ordinateur.

p.120 : première mention du couple lesbien

  • Bronchi : boss en japonais

p.126 : 200 catégories raciales

p.138 : La pire forme d’échec pour les minorités, c’est de ne pas vouloir regarder le futur

p.141 : Aujourd’hui, de nombreuses minorités découvrent leur propre histoire en même temps qu’elles retrouvent leurs identités perdues

p.167 : « Low probability but high impact ». Sur les méthodes extrapolatives

p.170 : Les chercheurs en sciences sociales revendiquent très peu leur intuition. Or celle-ci peut être aussi puissante que les chiffres. Yeah !

p.178 : Une « super ideology » pour se justifier

p.193 : Nous ne pouvons pas vire d’une manière heureuse si nous pensons que nos propres actions n’ont pas d’influence ».

Eviter le 20 novembre

Le violet de la pub Renault est presque le même que le violet du site de Colt et des intérieurs de l’épisode 3 de Star Wars, la Revanche des Siths.

Je regarde plusieurs fois le même film en rediffusion sur le câble, peu de gens prennent le temps de faire ça pour regarder les détails.

 

Mehdi Belhaj Kacem « La psychose française »

p.16 : Infamis et intestabilis

p.29 : Haza

p.31 : enfin l’Islam. Je trouve triste qu’il ne donne pas les noms des gens qu’il méprise. Quand on critique Finkielkraut, il faut le nommer, même si c’est un cliché.

p.34 : non. La psychose est partout, chez l’oppresseur comme chez l’opprimé

p.36 : il écrit SIDA en capitale, c’est révélateur qu’il connaît pas trop le sujet mais bon.

p.39 : « prolétariat »

p.39 : ce n’est pas le rap qui est nihiliste, c’est la conformité des gens

p.43 : la démocratie se fait toujours en carrosse et à cheval. Les gens ne votent que contre les médias !

p49 : il faut que ce soit un Arabe qui parle des Juifs, de Moïse et de Saint Paul…

p.51 : ah enfin, le « racisme de seconde roue ».

 

Geofrey Nunberg « The Way We Talk Now

p. 8 : Quand in a des amis, on ne s’attend pas à tout expliqer quand on leur parle.

  • gallicismes
  • ça fait partie de ces choses méga débiles de Now, comme ces millions de personnes qui achètent des valises avec des roulettes qui font un bruit pas possible dans les gares et même os amis les plus cools comme Fred O. s’y mettent et ça vous fout vraiment en l’air. C’est moins 10 points de virilité perdus en une seconde.
  • Un Beyrouth hormonal
  • Tsoris. Trouble & aggravation

  • p.86 : les mots porte-mentaux. Les Anglo saxons fabriquent tous les mots composés modernes comme subprimes.

p.91 : sarcasme, dire l’opposé de ce que l’on pense

p.97 l’auteur dit que l’engagement associatif est en déclin. Les gens font du bowling seul alors qu’il y a de moins en moins de ligues de bowling.

  • en allemand : gemeinde
  • p.110 : Laurence d’Arabie et Rudolf Valentino sont parvenus à imposer une figure romantique arabe dominante
  • c’est un peu la Corée du nord de la techno !
  • p.168 : les Américains ont une passion pour la mesure des choses et la création de listes. Dès que nous commençons à discuter du contenu d’une liste, nous validons l’idée que l’on peut traiter la culture d’une manière lexicale.

 

 

vendredi 3 juillet 2009

Quitoxic


 

Je connais une ou deux personnes haut perchées dans la société qui se sont arrangées pour ne pas laisser de traces sur Internet. J’ai toujours trouvé ça über cool comme dirait Laurent et je me renseigne régulièrement auprès d’elles pour m’assurer que leurs efforts sont toujours auréolés de succès (comme on dit). Ce sont des personnes célèbres qui ont expressément exigé que je ferme ma gueule sur ce qu’ils font et ce qu’ils disent. Dès le début d’Internet, elles ont saisi la dimension du système et ont ainsi décidé de préserver leur réputation et de vivre à l’écart de Google.

De mon côté, je dois être un des seuls hommes à se déclarer ouvertement séropositif sur Facebook. Sur mes 2000 amis FB, on doit être juste deux ou trois à l’écrire noir sur blanc. Ce n’est pas comme si je n’y avais pas réfléchi, bien sûr. J’ai reçu pas mal de commentaires de la part d’amis qui me demandaient : « Tu es sûr de ce que tu fais ? » ou « Tu sais que tu ne pourras jamais l’effacer vraiment ? ». Et je leur répondais, à chaque fois, que je ne crois pas qu’il existe un détail de ma vie qui ne soit pas déjà publié, ou enregistré quelque part.

Je n’ai pas beaucoup de vie privée sur Internet, mais je me suis arrangé pour « endormir » ma ligne de téléphone depuis plusieurs années. Mes amis et ma famille savent que je ne réponds pas toujours. Pire, ils ont appris à vivre avec le fait que je pourrais très bien ne pas les rappeler. Certains se sont lassés. Je voulais étirer ce moment le plus longtemps possible avant de refaire surface. Peut-être ne refait-on plus surface, précisément, quand on a pris tant d’années sabbatiques au téléphone. Mais je ne regrette rien : pendant quatre ans, j’ai vécu sans portable et je trouve ça formidable. C’était pour moi une expérience à la limite de l’essai scientifique : peut-on mettre le téléphone entre parenthèses ? c’est comme cet article de l’IHT du 28 mai dernier : « Learning when to say no to text messages ».  Les teenagers américains envoient une moyenne de 2272 SMS par mois, soit 80 par jour. C’est deux fois plus que l’année précédente. Ils sont totalement obsédés à l’idée de savoir ce que font leurs amis et se sentent obligés de répondre tout de suite. Je considère que c’est prérogative de considérer que le téléphone est devenu chiant. Je ne réponds pas avant un certaine heure et je ne réponds pas non plus après une certaine heure.

Il y a bien sûr de la beauté dans les chiffres. Le mois de juin, qui vient juste de se terminer, est toujours un mois important. Tout le monde dit pareil, je suppose. C’est le sommet de l’année scolaire. Souvent, les choses importantes de ma vie, je les ai lancées en juin. En 1980, je lançais Magazine. Neuf ans plus tard, c’était Act Up. En 1995, c’était Têtu. En juin 2000, c’était K.A.B.P.. Ce mois-ci, c’est la nouvelle version de Minorités.org. C’est probablement le syndrome Gay Pride. Fascinant de voir que le temps passe et l’on persiste à lancer des projets à ce moment. Faire partie d’une dynamique ou tout simplement faire un truc, essayer quelque chose. Le mois de juin, c’est le résultat d’un travail souvent commencé en hiver. C’est un semestre de préparation, la moitié d’une année. C’est un cycle, comme certains rythmes qui jalonnent une vie et qu’on apprend à reconnaître. 1975, c’est le début du punk et de la disco. 1985, c’est le début de la house et de la techno. 1995, c’est le sommet de la house. 2005, c’est une belle année passé en solitaire à écrire mon dernier livre sur le silence et la beauté de la nature.

J’ai donc passé ces quatre dernières années sans portable, avec un rapport de plus en plus distant avec le téléphone. J’ai poussé cette idée à son maximum, ce qui a forcément contribué à une forme d’isolement. Comme toujours, je voulais travailler selon mes règles, sans avoir à tolérer une part de bullshit journalistique que d’autres s’imposent comme si c’était obligatoire. Je voulais montrer qu’une personne qui a été à la pointe de certains sujets pouvait s’en éloigner progressivement pour ne pas lasser. Dans le fait de ne pas être joignable, je voulais bien sûr m‘écarter du délire moderne sur le portable, cette obligation à répondre à des échanges qui ne signifient pas grand-chose. Cette dévaluation de la parole. Cette contraction du mot.

Mais je voulais aussi répondre à ce que me disait Sylvain Rouzières quand il reprochait à ma génération de prendre trop de place. On en avait beaucoup parlé ensemble. Et puis, il y a quelques mois, Sylvain est mort. Je m’étais mis dans une situation de repli pour lui, pour la génération des trentenaires que j’aime tellement. Et il n’est plus là.

Je suis toujours en deuil de ce suicide. Je me suis abstenu encore davantage. J’ai fermé ma gueule. Je me suis mis en retrait pour ne pas contrecarrer la carrière de mon mari. Ne pas lui faire d’ombre. J’ai suivi les conseils de Sylvain. Je m’en fous si les gens pensent que je traverse une mauvaise passe. Je dois remonter au début des années 90 pour trouver un équivalent aussi dramatique à cette mort. C’est pour dire à quel point I don’t give a fuck about MJ… Mais je sais que cette mort met un terme à un cycle pour moi aussi. Dans une semaine ou deux, j’aurai acheté le nouvel iPhone. Je serai sur Twitter, sur FB, sur ce blog, sur mon site perso d’archives. Si tout va bien, je sortirai de ce deuil progressivement, en travaillant pour moi, pour les amis avec lesquels je développerai Minorités.org. Ce sera le nouveau projet de ma vie, peut-être le dernier.

Dans la sobriété même de son design, Minorités répond au cadre de cette crise que nous vivons tous. Dès le début, Laurent Chambon a insisté sur notre différence : pas de Flash, peu de vidéo, pas de distraction débile (il y a assez de sites qui creusent ce filon). La priorité du design de Pierre Marly, c’est encore le texte, sa mise en valeur inconsciente, sa typo, sa facilité de lecture. Dans un monde d’image, nous sommes toujours un média de mots.

Regardez comment on parle d’Internet à la télé, même sur les chaînes câblées. 50% de ce qu’on nous montre comme étant représentatif de l’activité du web, c’est du trivial. Un chat joue du piano. Une blague attire des millions de clicks. Des mecs et des nanas se mettent à poil dans les rues de Paris – mais ils ne sont pas à poil. Daniel J.Solove, dans son livre « The Future of Reputation », nous dit que les deux tiers des échanges sur Internet sont, à la base, du gossip. On est en droit de se demander, quand les temps deviennent plus durs, quand les médias titrent sur le fait que « 2009 sera l’année noire du chômage », si nous avons encore plus besoin de gossip. Il y a le concept, la série TV, le groupe, le gossip est passé, lui aussi, de phénomène underground (« New York Telephone Conversation » de Lou Reed) à une industrie dominante. Ce qui nourrit cette commercialisation du buzz, on le sait, n’est rien d’autre que du voyeurisme.

Le 10 juin dernier, une autre tribune intéressante dans l’IHT : « The joy of less ». Pico Iyer parle du fait de travailler et vivre et être heureux et atteindre ses objectifs quand « on préfère la liberté à la sécurité, quand on est plus confortable dans une petite pièce que dans une grande, quand on trouve le bonheur en accordant ses envies à ses besoins ». C’est peut-être cet équilibre qu’il faut trouver, entre le besoin impératif de s’exprimer via Internet et l’objectif de ne pas se laisser avaler par son immense distraction. Presque un sujet de livre.

samedi 27 juin 2009

La cachette de Michael Jackson


 

Deuxième jour de mania médiatique sur la mort de MJ. Franchement, je suis toujours un peu sur le cul quand les gens sont là, choqués par la nouvelle, dans le genre « OMG, je ne m’y attendais tellement pas ! ». S’ils étaient de tels fans, ils devraient être un peu au courant, non ? MJ pouvait à peine tenir debout, et ceci depuis plusieurs années maintenant. Il est probablement mort car il savait qu’il ne pourrait pas assurer, physiquement et psychologiquement, les 50 concerts londoniens qui devaient avoir lieu courant juillet. Le compte à rebours était lancé, et si MJ n’avait pas pu assurer ces concerts, sa ruine aurait été totale. Pour moi, ce décès est un suicide.

Sur Twitter, Eric Rug a dit quelque chose comme « Fascinant comment quelqu’un peut monter si haut et tomber si bas ». C’est vrai. Sur FB, si on a le malheur de dire quelque chose qui ne ressemble pas à de la guimauve commémorative, il y a tout de suite 40 personnes qui vous décommandent et surtout les copines qui vous incitent à trouver mieux dans le registre des « Pensées Profondes ». J‘ai toujours adoré MJ. Je l’aimais encore au moment de « Earth Song », quand beaucoup de gens l’avaient déjà laissé tomber. Je suis d’accord avec tout ce qui se dit sur son héritage, sur l’importance qu’il a eu dans la communauté noire et le reste du monde. Son style d’écriture est toujours d’actualité aujourd’hui, puisqu’il est copié à la lettre par Chris Brown et compagnie. Et les experts musicaux ont raison de dire que beaucoup d’autres artistes noirs ont tendance à éclaircir artificiellement leur peau dans les vidéos et pochettes de disques, avec du maquillage, l’éclairage ou Photoshop.

Now, quand on a dit ce point, et qu’on l’a développé, le bottom line c’est que Michael Jackson est une autre folle qui n’aura jamais fait son come out. Et je n’ai pas besoin de juger ou d’attendre une période plus longue de deuil pour aborder le sujet. Je suis fasciné par le fait qu’il disparaisse deux jours avant la Gay Pride qui célèbre les 40 ans de Stonewall et que personne ne soulève le sujet. She was THE closet queen of Pop. Peut-être la plus grande folle. Et je suis épaté de voir toutes ces copines autour de moi sortir des remarques totalement plates sur le ton de : « Mais il était tellement plus que gay ! » ou « Tu peux pas le juger, il n’est pas toi » (comme si je me comparais à MJ, je sais que je ne suis qu’un cafard à côté de lui). Bref, MJ was way beyond gay.

Je ne suis pas d’accord. Je suis toujours là devant une énorme mansuétude du public ou des gens devant le manque de courage des artistes. Qui a dit que David Hockney était moins un artiste parce qu’il était out ? Bien sûr, son art est bien au-delà de la question gay. Pourtant, il est ouvertement gay. Et je peux trouver des dizaines de noms équivalents qui, dans leur domaine, sont aussi importants que MJ. Regardez ce qui se passe en France. Christophe Willem sort un deuxième album et il n’arrête pas de se plaindre, en rigolant à moitié, que tout le monde lui demande s’il est gay. Alors, dis-le une bonne fois pour toute, et on arrêtera de te le demander, patate. C’est tellement gros sur ton visage ! Et en plus, je dois dire que je l’aime beaucoup, ce Christophe Willem, moi qui déteste la chanson française. D’un côté, vous avez une pensée militante qui salue quarante ans de pressions et de radicalisme, et de l’autre, une majorité de gays qui considèrent que ce radicalisme et ces pressions ont une limite dans l’atmosphère et que certains artistes sont « au-dessus de ça », très haut dans les nuages.

C’est du bullshit. Moi je vois que MJ est encore une folle qui aurait pu faire son come-out et qui meurt sans l’avoir fait, même si désormais, des livres et des livres vont être publiés qui aborderont plus en détail sa sexualité. Je trouve effarant que certains puissent encore considérer que la sexualité de MJ n’est pas si importante quand elle a été un des angles majeurs de sa carrière. Bref, une partie du public préfère penser que MJ état une sorte d’eunuque, un homme sans bite, sans érection, sans désir. Sans besoin d’éjaculer, pour être plus précis. La drogue, la morphine, les antidépresseurs, étaient une camisole chimique afin de contrôler cette sexualité qu’il fallait étouffer. Dans une perspective humaine, pas seulement militante, c’est une énorme tristesse et je ne crois pas que ce drama, car c’en est un, très moderne, soit si merveilleux qu’il puisse cacher l’échec d’une vie. MJ était la plus grande star, mais il a passé sa vie à se cacher. Et c’est ce qui l’a détruit. Le truc étrange, c’est que j’appartiens à sa génération. Nous avons le même âge. Et c’est quand même triste de penser qu’il n’a jamais été lui-même, non pas parce qu’il est un artiste, mais parce qu’il était vraiment, vraiment, vraiment perdu. Pour moi, il n’y a vraiment personne qui soit au-dessus de cette obligation : affirmer ce que l’on est, no matter what.

vendredi 19 juin 2009

Mad as hell


J’ai toujours adoré, dans « Network » de Sidney Lumet (1976), quand les gens ouvrent leurs fenêtres et se mettent à crier : « I am mad as hell and I won’t take it anymore ! ». Je viens de dépasser la cinquantaine et je crois que je ressens toujours ce sentiment de colère. C’est pourquoi je vis à la campagne : au moins personne ne me voit quand je suis furieux. Par exemple, beaucoup de gens disent que la télé est pourrie (ce que je n’ai jamais vraiment pensé) parce que la télé est la meilleure fenêtre sur cette colère. Il suffit de regarder n’importe quelle chaîne info, tous les jours, pour s’imbiber de cette révolte. La seule observation du traitement de l’info mondiale est le meilleur moyen de préserver quelque chose en nous qui reste authentique, qui n’est pas foutu en l’air par tous les gens qu’on déteste avec fidélité depuis toujours. Franchement, je trouve trop facile de se définir par rapport aux choses qu’on aime (bien que je n’aie pas honte de mes 50 pages de fans sur FB). Il est beaucoup plus révélateur de faire une liste de ceux que l’on déteste. Les maires gays des capitales qui ne foutent rien et qu’on entend jamais sur les sujets qui fâchent. Les gens qui vous blacklistent parce que vous avez le malheur de soutenir Gaza. Les associations qui hébergent des militants qui finissent par être plus bornés que ceux qui travaillent dans les ministères. Les médias qui nous font encore chier avec des produits de luxe à 5000 euros que personne peut acheter. Les gens trop riches qui deviennent encore plus riches grâce au Pacs alors que ce dernier n’a pas été créé pour ça. Le cinéma français dans son ensemble, la chanson française dans son ensemble, les putes de Daft Punk qui foutent en l’air ce qui reste de l’esprit de la house, les Socialos qui n’ont toujours pas accepté les Noirs et les Beurs au plus haut niveau politique (comme au plus bas d’ailleurs). Les cons qui ne recyclent pas et ces putains de drogués qui nous emmerdent avec leurs dépendances chimiques ou sexuelles.

Selon Gilbert & George, « It takes a boy to understand a boy’s point of view ». Je n’ai jamais prétendu être autre chose. Je parle de ce que je connais. D’où je suis. Nous sommes en train de vivre une crise sans précédent et tous les gens qu’on admire sont en train de nous convaincre de ne pas regarder là où ça brûle. Music as usual ? Business as usual ? You must be joking ! This is a moment of a lifetime !

Ce qui est notable désormais, ce n’est pas le nombre de personnes qui ont des problèmes psy et qui consultent. C’est la très grande partie de ces personnes qui se plaignent du peu d’aide que leur procurent les psys qu’ils consultent. Mais le pire absolu, c’est qu’ils acceptent cette situation, comme si cela faisait partie du marché psychanalytique.

J’oublie souvent que je parle comme quelqu’un qui n’a rien à cacher. Pour la première fois depuis vingt ans, je ne travaille pas pour quelqu’un d’autre, je suis libre, je peux dire ce que je pense. Je suis fondamentalement attaché aux faits et je frémis à chaque fois que je vois ces homosexuels à la télé, dont certains sont séropos, qui ont vécu ces dix dernières années à se cacher. Ils sont persuadés que personne ne voit leur mensonge. Les sourires et les applaudissements qu’ils reçoivent à longueur de temps sont une manière de cacher cet étonnement intime, quand on se demande : « Mais pourquoi ne le dit-il pas ? ». Le temps passe. Chaque année, ce temps s‘étire et la déception finit par gonfler en prenant des formes très visibles. Tout le monde se chauffe sur l’homophobie, mais personne, vraiment personne ne montre le doigt vers ces pédés planqués pour dire que ce sont eux, les principaux fautifs de cette homophobie. D’anciennes menaces d’outing s’oublient et s’ajoutent à d’autres déceptions militantes qui fusionnent avec d’autres incohérences politiques. Je me rappelle que lorsque nous avons créé Têtu en 1995, j’étais persuadé que nous finirions par rattraper le retard que la France avait face à ses pays voisins. Force est de constater, en 2009, que l’échec est total sur ce sujet – et Têtu n’est pas fautif, c’est l’ensemble de la culture gay française qui a refusé de bouger. Quand je dis que le crise économique actuelle ressemble souvent à la déception vécue à l’intérieur de la communauté gay, c’est un peu ce que d’autres remarquent dans leur propre domaine. Gail Collins, le 12 décembre 2008, écrivait dans l’International Herald Tribune que la culture pop n’avait toujours pas abordé le problème de la crise. Dans « The Good News From Illinois », elle remarquait : « Yet Hollywood starlets and pop singers have been unhelpfully quiet ».

Six mois plus tard, rien n’a changé.

jeudi 18 juin 2009

Fan de Didier Lestrade


 

En l’espace de quelques mois, il est devenu tout à fait normal de s’auto promotionner sur Facebook. Quand j’ai eu le malheur de faire un groupe Fan de Didier Lestrade, il y a un an, plusieurs de mes amis proches ont rigolé devant mon nez : « Ah c’est toi qui fais ta propre page de fan ??? ». Je pouvais entendre aussi, très nettement, de mon coin paumé de campagne, ceux qui le pensaient exactement la même chose, mais ne l’ont pas dit. J’ai alors répondu « Oui, c’est totalement vain, mais je préfère que cette page soit faite par quelqu’un qui ne gourre pas dans les faits. Et puis, si vous, mes amis, ne le faîtes pas, alors je vais m’en charger, c’est une histoire de copyright ces trucs à la con ».

Tout de même, ces amis se sont inscrits sur la page Fan de DL, il y en a même un qui est mort. Mais j’ai entendu leurs moqueries et j’ai laissé végéter cette page quand elle est arrivée au niveau mystérieux de 140 membres (138 aujourd’hui, fact fans). Cela n’a rien à voir avec les 6000 membres & counting de Jean-Luc Romero, mais je sais que c’est impossible pour moi de m’affronter à un tel système. Je ne me vois pas envoyer le même copier / coller à chaque nouvelle personne que je rencontre sur FB en lui sortant une phrase débile comme : « Merci de me rejoindre dans le combat contre l’homophobie ! ». Ou pire : lancer un mouvement totalement useless pour demander la libération de Florence Cassez pour qu’elle ne chope pas le virus H1N1 au Mexique. It’s just a flu, dumb ass.

Bref, depuis un mois, tout le monde s’est mis à devenir fan de lui-même. Comme quoi, j’étais ENCORE en avance. Je vois tout le monde créer un fan-club à son effigie. Et solliciter toute sa collection d’amis d’office, sans faire de sous groupe. Genre, demander à un super joli cubain de devenir ami même si on ne le rencontrera jamais, c’est normal. On a dépassé cette étrangeté depuis deux ans. Mais lui demander de devenir fan alors qu’on ne parle même pas la même langue, c’est péché Seigneur. Je redoute le moment où je recevrai une demande de fan de la part d’Emmanuel Pierrat.

Indistinctement, ils y passent tous, et chaque matin apporte son lot de nouvelles pages de Fan club qui ont été créées pendant la nuit. Il faut en avoir le plus possible ! Le clone d’Azerbaïdjan qui est si joli quand il suce sa glace à la vanille. Le super beau mec qui s’est proposé comme Mr Man Hunt. Fred Faurtin car il faut absolument l’avoir. Tous les jours, ce sont des dizaines de propositions de groupes fan de, envoyés par tout le monde. Ils sont tous convaincus que personne ne saurait faire ce job de promotion mieux qu’eux. Et ils ont raison, puisqu’on a des centaines d’amis FB – mais pas un seul qui ait pris l’initiative de créer un page Fan de DL pour vous. Vous passez vingt ans de votre vie à vous occuper des autres dans la société et vous arrivez en 2009 et personne ne propose le gag : et si on te faisait un page Fan de DL ?

Dans un sens, je relie tout ça à la mode un peu oubliée du Patchwork des Noms. Dans les années 80 et 90, le Names Project était une des premières manifestations du souvenir des malades du sida disparus. À Act Up, quand quelqu’un décédait, il y avait parfois un group d’amis qui lui rendait hommage en créant un patwork. À l’intérieur du format prédéfini, la liberté de création était totale. C’était souvent le problème. En réunion, certains venaient montrer le résultat de leurs efforts. Quand on a jamais touché une aiguille de sa vie, la couture est un exercice difficile : ça peut être très laid. De l’Arte Povera puissance 1000, avec des bouts de jeans perlés de Teddy Bears et tout une paraphernalia mi-porno, mi-régressive. Il fallait regarder ça en silence pendant quelques instants, en se promettant: surtout pas pour moi !

Je crois que cette page Fan de DL, c’est une assurance qu’une folle ne va pas s’accaparer une page officielle un peu comme lorsqu’une autre folle décroche un prix littéraire en pillant votre vie, votre œuvre, votre château quoi et que certains de vos amis, même certains membres de votre famille, trouvent ça super génial. Comme dit la chanson, ça m’énerve.